D’après une transcription.
Merci beaucoup de m'avoir si aimablement présenté. Merci à tous ceux qui ont participé à l'organisation de cet événement. Et je tiens à souligner que le Premier ministre dit toujours beaucoup de bien de sa visite ici, en particulier de son séjour à Shanghai, des très bons moments qu'il y a passés et de tout le travail que les gens ont accompli pour organiser sa visite. J'aurai le plaisir de lui dire que vous êtes toujours aussi énergiques et compétents. Sachez qu'il est enthousiaste au sujet des développements entre nos deux pays.
Ce dont Diane [Gray] vient de parler est incroyable et c'est un exemple de ce que peuvent accomplir les gens lorsqu'ils mettent leurs idées en commun. Et dans le centre de notre pays, dans la région de Winnipeg et dans la région de Cuntan, les gens ont compris qu'en combinant leurs synergies, en se demandant ce qu'ils peuvent faire ensemble, ils peuvent développer leurs possibilités d'affaires et améliorer la prospérité dans nos deux régions. Je tiens à féliciter toutes les personnes qui y ont participé à cette excellente initiative, M. Zhu, Diane et les autres.
On m'a déjà donné un exemple de ce qui se produira bientôt. C'est à propos d'un produit unique que nous appelons le blé dur roux et qui peut être utilisé dans la préparation d'un certain type de pain qui est très recherché dans la région où vous exercez vos activités, M. Zhu. À l'heure actuelle, à cause de la manière dont ce produit (les semences, le pain et le blé) est fabriqué, il passe par les mains de six intermédiaires environ avant de parvenir aux consommateurs en Chine.
Grâce au type de synergie développé entre ces deux régions, il n'y aura qu'un intermédiaire, ce qui améliorera l'efficacité, réduira le risque de contamination et permettra d'acheminer cet excellent produit des Prairies canadiennes aux consommateurs ici, en Chine. Ce n'est qu'un exemple parmi tant d'autres.
Je tiens aussi à féliciter toute la collectivité de Shanghai et tous ceux qui, à Shanghai, ont participé à l'organisation de cette exposition dont le monde entier peut maintenant profiter. Je voudrais souligner que je suis allé à l'Expo 67 à Montréal. Ce qui me déprime un peu à cet égard, c'est de constater que maintenant je travaille avec des équipes de personnes qui n'étaient même pas nées à cette époque. Je suis aussi allé à l'exposition de Vancouver en 1986 et laissez-moi vous dire que l'on parlera de cette exposition pendant des générations. Nous devrions prendre une minute pour reconnaître le travail magnifique que Shanghai a accompli pour organiser cette fabuleuse exposition universelle.
On me demande déjà quels pavillons sont les meilleurs à mon avis. Eh bien, comme nous avons des Canadiens ici, je dois parler des pavillons du Canada et je vous encourage à visiter le pavillon de Vancouver et aussi celui de Montréal et bien entendu celui du Canada lui-même. Je peux vous dire en toute impartialité qu'il est absolument fabuleux, renversant, et que c'est une chose à ne pas manquer. Mais je tiens à ajouter tout de suite que nous avons visité un bon nombre de pavillons et qu'il y en a un que je suis très heureux d'avoir visité en priorité, après celui du Canada bien sûr : il s'agit du pavillon de la Chine.
Vous savez que les politiciens doivent faire des sondages. Je voudrais donc faire une sorte de sondage et la question n'est pas difficile. Combien d'entre vous ont eu la chance de visiter le pavillon de la Chine? Trois d'entre vous? Oh, un peu plus que ça. Bien.
N'était-il pas fantastique? Vraiment extraordinaire! Vous devez absolument visiter ce pavillon. Je sais que cela paraît une évidence banale, mais d'un point de vue architectural, il est époustouflant. Quant à ce que vous y trouverez à l'intérieur, je vais vous donner un petit indice. Et je ne touche pas de commission sur le nombre de personnes qui le visiteront après avoir écouté mon discours, rien de ce genre. Mais il y a une chose en particulier qu'il faut mentionner : ils exposent un parchemin vieux de 600 ans qui représente une scène de village le long d'une rivière il y a environ 1 000 ans et c'est l'original du parchemin. Et ce qu'ils en ont fait vous coupera vraiment le souffle. C'est un exemple de ce que vous ne devez pas manquer. Je félicite donc les organisateurs.
Ce qui est encore plus intéressant, ce sont les développements qui ont eu lieu dans le monde depuis ma dernière visite ici. Nous commentions le fait que nous étions encore au milieu d'un ralentissement économique, d'une récession mondiale. Et il y avait des prédictions, de sombres prédictions au sujet de ce qui allait arriver à l'économie mondiale et certaines se sont réalisées. Nous avons pensé, au Canada comme en Chine, que nous allions pouvoir traverser cette période grâce à certaines politiques et à certains principes que nous avions en place.
Et de fait, la Chine a réussi à traverser la tempête grâce à certaines bonnes politiques et le Canada est qualifié par le Fonds monétaire international, le Forum économique mondial, l'OCDE et plus récemment par l'Economist Intelligence Unit de miracle économique parmi les pays du G8 et les pays occidentaux. Nous avons traversé ce qui demeure une situation fragile. Dans l'économie mondiale en voie de rétablissement, les signes qui incitent à la prudence sont toujours là. Il y a des hausses un peu partout et en Chine aussi.
Nous avons réussi à traverser l'orage pour un certain nombre de raisons, entre autres grâce à une approche que nous avons pratiquée et mise en place et dont d'autres parlent maintenant. Je crois que nous en sommes conscients dans notre relation avec le monde des affaires de la Chine. C'est l'une des raisons pour lesquelles nous continuons à assister à une hausse du commerce et des investissements, dans les deux directions.
De fait, le chiffre de clôture de 2009 pour l'investissement étranger direct de la Chine au Canada était d'environ 8,8 milliards de dollars, et soit une hausse de près de 70 % par rapport à l'année précédente, et cela au milieu d'une période de ralentissement économique. Alors, qu'est-ce qui pourrait inciter les gens à continuer à investir alors que tout autour d'eux, lorsqu'ils lisent le journal, regardent la télévision ou lisent les nouvelles sur Internet, il n'y a que des prédictions sinistres? Qu'est-ce qui pourrait inciter les gens à continuer d'investir?
À cela je voudrais répondre que nous avons mis en place un certain nombre de choses pour rétablir une certaine confiance afin que les gens d'affaires, les petites, moyennes et grandes entreprises qui ont investi au Canada sachent qu'ils peuvent tirer un certain rendement de leur investissement.
Et pourquoi est-ce arrivé? Pourquoi les gens investiraient-ils en Chine, par exemple, ou au Canada? Nous avons adopté certaines politiques bien précises. D'abord, nous avons indiqué très clairement dès que le début de la période de ralentissement que nous allions rembourser énergiquement la dette, geler les dépenses du gouvernement, équilibrer le budget en un certain nombre d'années (d'ici à 2014 dans notre cas) et ne pas hausser les impôts. Et nous avons écrit des manuels à ce sujet. Mais dans les termes les plus simples possibles, c'est ce que nous avons fait.
C'est là la combinaison de facteurs qui expliquent cette réussite. Parce que les personnes comme les organisations comprennent intuitivement que si un gouvernement contrôle bien ses dépenses, il n'aura pas besoin d'imposer les gens à l'excès pour payer ses dépenses excessives, on peut avoir ainsi une certaine certitude en ce qui concerne le rendement des investissements. Et je crois qu'on est en train de rédiger des manuels d'économie qui présentent les pays qui se portent mieux que les autres en cette période de ralentissement et qui ont adopté cette approche. Ils s'en sortent mieux que les autres et leurs investissements rapportent plus.
La plus grande société de placement dans les obligations au monde, Pacific Investment Management aux États-Unis, le chef de ce fonds et les personnes qui organisent ce fonds ont dit qu'ils conseillent à leurs clients institutionnels d'investir au Canada, d'envisager d'investir au Canada. La Russie a annoncé il y a environ trois semaines qu'elle va acheter des dollars canadiens pour stabiliser sa devise parce que notre devise est perçue comme stable. Je voudrais dire qu'au sein des pays du G20 (nous sommes heureux d'être les hôtes des rencontres du G20 et du G8 de cette année), nous sommes très opposés à l'idée que les banques devraient être imposées.
Ce n'est pas que nous craignons que les banques ne soient imposées. Nous nous inquiétons au sujet des banques qui se comportaient déjà bien avant d'être imposées parce que le système bancaire canadien n'a pas eu besoin d'être secouru. Les systèmes institutionnels canadiens ne se sont pas effondrés et c'est parce que le gouvernement leur impose certaines obligations qui régissent leurs activités.
Il est logique d'exiger de ceux qui prêtent de l'argent qu'ils aient un certain capital en réserve pour couvrir ces prêts si des gens les réclament et c'est une exigence que nous imposons aux banques canadiennes. Dans le secteur des prêts hypothécaires, les gens doivent satisfaire à certaines exigences avant de pouvoir obtenir un prêt.
D'autres pays (je n'en nommerai aucun) n'imposaient pas de telles conditions et l'octroi de prêts hypothécaires à des gens qui n'étaient pas vraiment en mesure de les rembourser y est devenu un problème de politique. Comme vous le savez, ceci a engendré la bulle immobilière qui à son tour a entraîné la création très imaginative d'instruments de couverture et de divers instruments dérivés qui ont été commercialisés dans le monde entier.
Et lorsque cette bulle a éclaté et a commencé à se dégonfler, tout s'est écroulé. Et les institutions financières du Canada n'ont pas bénéficié de cette période créatrice où les institutions financières qui n'étaient pas entravées par les mêmes règlements gagnaient de l'argent de toutes sortes de façons pour finir, comme vous le savez, par avoir besoin que les gouvernements interviennent pour aider beaucoup d'entre elles. Et c'est pourquoi nous adoptons cette position très claire. Les banques canadiennes n'ont pas profité de cette période d'opportunisme et il serait donc injuste de les imposer maintenant.
Nous adoptons aussi une position de base fondée sur le fait que vous ne trouverez nulle part dans les livres d'histoire économique des cas où un pays est devenu prospère à coups d'impôts. Ce n'est jamais arrivé. Les impôts sont une nécessité, bien sûr. Les règlements aussi, mais si vous imposez ou réglementez à l'excès, vous rigidifiez le système, vous supprimez les incitatifs et découragez l'innovation. Et ce n'est pas une situation saine.
C'est pourquoi nous adoptons ce point de vue et il y aura de plus en plus de discussions à ce sujet au cours des rencontres du G20. Nous espérons que ce point de vue deviendra prédominant et que d'autres nous suivront et seront en mesure de remettre leurs nations sur le chemin de la prospérité. J'ai été heureux de constater, à la vue de la situation en Grèce, ce que les pays devraient faire. Nous avons vu un certain nombre de pays adopter des lois qui les obligent à rembourser leurs dettes et à restreindre la hausse des impôts et d'autres approches semblables. Alors il semble que cette approche devient de plus en plus populaire et nous espérons que c'est le cas.
Une autre chose qui prend de l'ampleur et qui est très intéressante pour nous, c'est l'accroissement des activités entre nos deux grands pays, la Chine et le Canada. Nous constatons à tant de niveaux différents, et dans le cadre de notre porte d'entrée de l'Asie-Pacifique, que les investissements que nous avons faits dans les infrastructures, dans nos ports à Vancouver et à Prince Rupert produisent assurément de bons résultats, pas seulement en nous permettant d'améliorer l'efficacité dans les ports mais aussi en nous permettant d'intégrer le transport routier et le transport ferroviaire.
Nous pouvons donc dire aux personnes qui prennent les décisions concernant l'expédition de marchandises à partir de la plupart des ports d'Asie que si elles songent à expédier leurs marchandises vers les marchés nord-américains en utilisant d'autres ports (je ne veux pas trop attiser la rivalité alors je n'en nommerai aucun ouvertement - comme Los Angeles), elles pourraient épargner beaucoup de temps de navigation en passant plutôt par Prince Rupert.
En outre, comme les ports de Vancouver et de Prince Rupert ne sont pas trop congestionnés et qu'ils sont très efficaces, nous pouvons acheminer leur produit jusqu'au cœur d'une zone de libre-échange qui comprend le Canada, les États-Unis et le Mexique, soit environ 440 millions de consommateurs, par exemple dans une région centrale comme celle de Chicago ou d'Omaha, en juste un peu plus d'une centaine d'heures. Ce sont des avantages énormes pour les personnes qui prennent ce genre de décision.
Ajoutez à cela qu'en traitant avec les représentants du gouvernement en Chine au sujet des questions liées aux investissements, nous avons été en mesure d'examiner nos propres lignes directrices, règles et règlements sur les investissements, de les analyser et de nous demander s'ils répondent aux besoins en matière d'investissement et aux exigences des personnes, des organisations, des groupes et des entreprises de Chine qui veulent investir au Canada pour en retirer de la productivité et de la prospérité. De fait, nous sommes en mesure d'apporter certaines modifications liées aux investissements afin que les investissements et les investisseurs chinois puissent quand même en bénéficier et que les Canadiens puissent en retirer des avantages comme les emplois, les impôts et un développement positif. Nous avons adopté une approche très dynamique à cet égard.
Nous avons un lien extraordinaire avec la Chine avec nos 1,4 million de Canadiens d'ascendance chinoise qui représentent un énorme avantage naturel du seul point de vue humain. Ce lien rend possible la création de contacts d'affaires et d'échanges éducatifs, scientifiques et technologiques.
Nous continuerons à les élargir tous en voyant les nombreux avantages naturels que cela représente pour le Canada et pour la Chine. Ce sont là des exemples des politiques et des questions sur lesquelles nous nous penchons et qui profiteront non seulement à notre peuple mais aussi aux peuples qui nous entourent, je crois, lorsqu'ils suivront notre bon exemple, un exemple d'amitié et de confiance, un exemple de la façon dont nous pouvons travailler ensemble aux questions les plus importantes, surmonter les obstacles et chercher à élargir cet arrangement merveilleux et bénéfique.
C'est le 40e anniversaire de l'établissement de nos relations diplomatiques avec la Chine. Mais pour la région où nous nous trouvons, c'est le 100e anniversaire de nos relations commerciales officielles établies par l'entremise du bureau de notre délégation commerciale ici même à Shanghai. Notre bureau de Shanghai avait donc 60 ans d'avance sur le reste du Canada, tout comme peut-être d'autres parties de la Chine. Je tiens à saluer notre consul général, Nadir Patel (qui est ici) et les gens qui travaillent avec lui ainsi que les bureaux commerciaux que nous avons ici et qui sont à votre disposition pour vous aider à élargir vos débouchés. Nous les voyons croître dans tous les domaines.
Je tiens à vous remercier aussi pour la tenue du marathon de la grande muraille de Chine. C'était une expérience vraiment merveilleuse et éprouvante que je suis content d'avoir vécue et je me suis promis de ne jamais le refaire. Mais c'était très bien organisé et 600 personnes assez dingues sont venues du monde entier pour participer à cette partie du marathon. L'une d'entre elles est ici aujourd'hui (je veux parler de nos bons agents de commerce) et je dois admettre à regret que cette femme a battu beaucoup d'hommes à plate couture et nous a ôté toute envie de continuer - nous renonçons tous à la course pour nous consacrer à un autre sport.
Un certain nombre de Canadiens étaient là et pour moi c'est encore un des nombreux exemples du fait que nous avons tant de choses en commun, que ce soit dans les domaines de la science, des sports ou de la culture.
Nos Jeux olympiques se sont bien passés pour nous, nous avons gagné plus de médailles d'or qu'un pays hôte n'en ait jamais remportés aux Jeux olympiques d'hiver. Les athlètes chinois ont obtenu des résultats remarquables et notre plus grande crainte, c'est que s'ils commencent à appliquer au hockey ce qu'ils ont découvert en patinage, ils seront redoutables pour nous. Mais nous pensons que ça ira pendant encore un ou deux ans.
Mesdames et Messieurs, nous avons un merveilleux avenir devant nous. L'exposition de Shanghai a montré au monde entier ce que le peuple chinois pouvait faire et ce que peuvent faire ensemble les gens du monde entier. Merci beaucoup d'y avoir participé. Nous envisageons l'avenir avec enthousiasme.